De Santiago au Cajón del Maipo
Certains voyages commencent par une destination. Celui-ci commence par une histoire.
En juin 1930, l’aviateur français Henri Guillaumet traverse les Andes contre toute attente après le crash de son avion en pleine montagne. Près d’un siècle plus tard, le photographe et explorateur Thomas Goisque entreprend de suivre ses traces en parcourant à son tour les paysages du Chili et de l’Argentine.
Jour 1 : Arrivée au Chili et premiers pas dans les Andes
Lundi 16 mars
Thomas Goisque arrive au Chili avec un objectif précis : ne pas simplement documenter une expédition, mais tenter de comprendre et de vivre, autant que possible, les conditions auxquelles Guillaumet a été confronté.
Avant de quitter Santiago, l’équipe fait un passage par l’aérodrome de Colina, l’un des lieux emblématiques des débuts de l’aviation chilienne. Discret mais chargé d’histoire, cet endroit rappelle l’époque des pionniers de l’aéropostale, lorsque des pilotes comme Guillaumet traversaient les Andes avec une technologie limitée et une marge d’erreur quasi inexistante. Une dernière connexion avec l’aviation avant de poursuivre l’aventure au sol.
À partir de là, le changement est immédiat.
La route s’éloigne progressivement de la ville et s’enfonce dans le Cajón del Maipo, une vallée andine spectaculaire située au sud-est de Santiago, connue pour ses falaises abruptes, ses rivières et ses paysages isolés.
Très vite, l’atmosphère change. Le silence s’installe. L’environnement devient plus sauvage, plus isolé, plus imposant. Les montagnes n’ont encore rien d’hostile, mais elles imposent déjà une présence particulière. Une forme de silence. Une forme de respect.
À la tombée de la nuit, l’équipe atteint son premier refuge dans les Andes. L’expédition commence officiellement.
Jour 2 : Explorer le Cajón del Maipo et comprendre le terrain
Mardi 17 mars
Cette deuxième journée est consacrée à l’exploration du Cajón del Maipo, une étape essentielle pour appréhender la géographie des Andes avant d’envisager leur traversée.
L’équipe traverse plusieurs villages de montagne et emprunte différents itinéraires au cœur des vallées. Trois vallées. Plusieurs accès. Un seul objectif : comprendre le terrain.
Les routes serpentent entre les falaises et le fleuve Maipo, un puissant cours d’eau d’origine glaciaire qui traverse la vallée. À chaque virage, le paysage change. Minéral, brut, parfois presque irréel.
Au fil des heures, le lien avec la ville disparaît complètement.
C’est à cet instant que l’expédition prend une autre dimension. Le paysage n’est plus seulement observé : il est étudié. Les appareils photo capturent les détails. Des notes sont prises. Les repères se dessinent peu à peu.
Mais au-delà de la documentation, une évidence s’impose progressivement : Henri Guillaumet n’a pas simplement traversé les Andes. Il a survécu à l’un des environnements les plus exigeants au monde.
Chaque kilomètre rapproche un peu plus l’équipe de la réalité de son parcours et l’éloigne du confort.
La route s’efface. Le signal disparaît. Les montagnes prennent le relais.
Et une question commence à s’imposer : Comment a-t-il pu survivre ici, seul ?