Du jeudi 26 mars au samedi 28 mars
Canyon de Yaucha, Argentine
-33.77, -69.06
L’expédition laisse définitivement la route derrière elle. À partir d’ici, tout se fait à pied.
L’équipe s’engage dans le canyon de Yaucha, suivant les traces autrefois empruntées par Henri Guillaumet. Un itinéraire ni balisé, ni indulgent. Un terrain étroit, irrégulier, parfois à peine visible. La progression devient lente, précise, entièrement dictée par la montagne.
Les journées commencent à se confondre. Marcher. S’orienter. S’adapter. Puis s’arrêter, juste assez longtemps pour monter un camp avant de repartir à nouveau. Trois bivouacs au total. Aucune assistance. Seulement le terrain qui s’étend devant eux. Plus ils avancent, plus l’environnement prend le dessus. Les distances semblent s’allonger. Les repères deviennent moins évidents. Chaque pas demande une attention constante.
L’objectif n’est plus d’atteindre une destination rapidement. Il s’agit désormais d’avancer selon les règles imposées par la montagne. Au quatrième jour, l’équipe atteint enfin la Casa de Juan. Un refuge isolé au cœur des Andes, et un lieu profondément lié à l’histoire de Guillaumet.
La fermeture de la route menant à Laguna del Diamante a obligé l’expédition à revoir son approche. Au lieu de rejoindre directement le site, l’équipe a choisi de suivre à pied l’itinéraire emprunté autrefois par Guillaumet à travers le canyon de Yaucha - mais en sens inverse. Pas après pas, elle a progressé sur le même terrain que celui qu’il avait traversé seul.
C’est ici qu’après plusieurs jours d’errance dans les Andes à la suite du crash de son avion, Henri Guillaumet croisa Juan García, l’homme qui allait l’aider à quitter les montagnes et retrouver la sécurité.
Jusqu’à cet instant, sa survie ne dépendait que de sa résistance. Rejoindre la Casa de Juan de cette manière change la perception du lieu. Ce n’est plus simplement une destination. C’est un point de rencontre avec l’histoire elle-même. Et la traversée continue au-delà…